Combien de fois vous êtes vous surpris, alors que vous vaquiez à une occupation quotidienne banale, à plonger dans un souvenir qui n’y est pas nécessairement relié, mais qui surgit simplement; un visage, une odeur, les paroles, la voix, la nourriture, la musique ou l’objet d’une personne que vous avez possiblement vue il y a fort longtemps et, tout à coup c’est comme si c’était hier. Ça m’arrive souvent et ce sont toujours des bons souvenirs, comme si mon esprit avait évacué le moins bon ou avait choisi de me protéger.
Qu’il s’agisse de pensées, de souvenirs ou des relents de rêves, ils me semblent tous sortis d’un espace inconscient et pour cette raison je me plais à les appeler songes, parce que c’est poétique, que cela permet un vaste étendu de possibles et parce que j’aime ça.
Étant assez portée sur l’ésotérisme à mes heures et croyant au plus grand que soi, je me suis souvent plu à penser que si je continuais de penser très fort à ces personnes et au bien-être que m’évoque ce moment ayant refait surface, peut-être qu’elles ressentiraient cette douce vague de nostalgie et ce, peu importe où qu’elles soient.
Quand il est question de songes, les définitions évoquent que ces derniers sont davantage liés au sommeil et affleurent à la frontière de l’éveil, destinés à s’évaporer aussi vite qu’ils ne sont apparus, à moins d’être racontés ou couchés par écrit rapidement. Il m’arrive aussi de me souvenir de mes rêves et que des personnes que je n’ai pas vues depuis très longtemps y tiennent un rôle principal.
Une question en attirant invariablement une autre, du moins, dans ma tête. Quand ces moments surviennent, si on ne fait rien, où vont ces songes ?
Pour moi, ces moments sont un peu comme des moments suspendus, comme les bulles en plongée sous-marine, elles s’étirent tout doucement des profondeurs de notre inconscient, s’élancent tranquillement, puis arrivées à la surface, elles mettent peu de temps avant de disparaître. Ces songes, sont une suspension dans le temps, une brèche dans le passé, une étoile filante qui trace un joli sillon; est-il possible de maintenir la brèche ouverte, de prolonger la filée de cette étoile, ou risque-t-on d’en rompre le charme en posant une action. Ne serait-ce pas d’aller contre nature que de forcer la prolongation d’un moment si éphémère ?
Je n’en sais rien, une chose est sûre, les souvenirs, les pensées, les songes et surtout l’interprétation de ces derniers est bien personnelle. Il se peut donc, que la douce nostalgie que me rappelle un moment, n’évoque pas du tout la même chose pour la personne qui est à l’origine de mon songe. L’y replonger à ce moment, où un espace-temps s’est créé pour moi, n’est peut-être pas opportun pour elle. Dans ces moments, j’ai la fantasie d’avoir une discussion avec Freud afin de savoir ce qu’il en pense, d’où vient cette pensée, que dois-je en retenir, quel est le lien entre le moment où surgit ce songe et la nature du songe lui-même. À moins de m’offrir une séance d’inhalation d’opium quelque part au bout du monde dans une hutte où une rencontre avec Freud me serait promise pour refaire le monde (et si on me connaît, on sait que je pourrais être tentée d’accepter), je crois que mes questions demeureront sans réponse formelle, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je suis de celles qui aiment beaucoup les questions et pour qui, les réponses aussi bonnes puissent-elles paraître, demeurent toujours un brin insatisfaisantes.
Optant pour la sobriété et ne prétendant à aucune explication scientifique, je reviens à mes songes et mes voeux spirituels. Nonobstant ce que Freud en dirait, depuis longtemps je rêve d’un mécanisme qui permettrait qu’à chaque fois qu’une pensée ou un souvenir me fait sourire, une douceur arrive dans la journée de la personne, un sourire inattendu, un gentil message texte d’une amie, un compliment, un câlin, un rayon de soleil sur sa peau, une vague de paix dans son coeur, résultant d’une réaction en chaîne déclenchée par ce souvenir, un peu comme l’effet papillon. Bien que ne sachant pas si ça se rend, c’est un peu ce que je fais, je lui adresse une pensée silencieuse la souhaitant bien et aussi heureuse que ce qu’elle me fait ressentir, bien des années plus tard et ce, à la simple évocation d’un moment partagé. Et un instant durant, via ce songe j’ai un peu l’impression de toucher l’invisible du bout des doigts, avant qu’il ne s’évapore et ne laisse la place au flot incessant des pensées qui meublent notre quotidien.
Je reviens à ma question; si on ne fait rien où vont ces songes ? S’emmagasinent-ils quelque part ou sont-ils perdus à jamais ?
Impossible de les comptabiliser, donc possiblement encore moins réaliste de les emmagasiner, à moins d’être un grand magicien comme l’a imaginé J.K.Rowling avec la pensive de Dumbledore, je ne peux malgré tout me résoudre à penser qu’ils se perdent.
Combien de gens ignorent l’impact qu’ils ont eu dans ma vie ? Combien pour lesquels je n’ai compris que très tard le bien qu’ils m’ont apporté et que je n’ai donc pu remercier ? Ça me fascine. Même si je le voulais, en dresser la liste serait, à mon sens, impossible et les chances de les retrouver tout autant.
Et si, au final, c’était ça la beauté, celle de faire confiance que ces douces pensées qui arrivent comme des étoiles filantes, puissent à leurs tours être propulsées dans l’univers pour rejoindre ces personnes quand et lorsqu’elles en ont besoin. Elles leur parviendront peut-être via une autre personne ou sous une autre forme, sans pour autant qu’elles ne sachent de qui cela vient réellement, un don, un cadeau, une offrande qui semble venu de nul part.
Il va de soi que je n’ai pas de réponse sur ce qu’il advient des songes et le pouvoir que nous avons sur leur postérité, toutefois une chose est certaine nous avons du pouvoir sur le présent. Je crois fermement que chaque moment est une opportunité de laisser une jolie empreinte, un doux souvenir, une image sublime dans la vie des autres, sans savoir ni en connaître la portée, qui elle, se révèle souvent beaucoup plus tard, voire jamais consciemment pour certains et qui, dans la majorité des cas, nous continuerons d’en ignorer les répercussions.
À tous ces gens qui ont pavé mon histoire, mon chemin, je vous souhaite la pluie d’étoiles filantes qui laissera une douce poussière de gentillesses comme vous l’avez laissée à un ou des moments de ma vie.
Il y a un mystère dans le don qui est plus grand que donner.
-Khalil Gibran.
J.
Merci ma belle Julie
Te lire fut un momrnt d’arret, un plaisir, un bonheur.
Je t’entends parler…continue d’écrire, tu le fais si bien.
Et comme par ta presence, tu fais du bien 😘.
Sylvie xxx
Tellement toi ce texte! Rempli de questionnements, de douceurs, de bonté et de bienveillance! Avoir le souci des autres est inné chez toi et c’est probablement pour cela qu’il y a plusieurs personnes qui t’ont fait du bien dans ta vie. Que tu leur envoi un peu de chaleur même s’il elles ne le savent pas, je suis certaine qu’elles le ressentent et qu’elles les apaisent ne serait-ce qu’un court instant. Merci pour la personne de coeur que tu es ma belle Julie et merci de nous partager ces réflexions car elles nous amènent nous aussi vers nos propres songes! xxx
J’adore !!!
Chère Julie,
Les mots que tu utilisent pour exprimer ta pensée me rejoignent profondément. Tu es inspirante. Quelle belle façon de nous rappeler que le bonheur et la beauté se présentent souvent subtilement, à l’éveil ou dans nos songes, à des moments qui peuvent être inattendus, à qui y porte attention. Je partage ta vision…Merci pour le partage. J’ai hâte de lire ta prochaine publication…
Magnifique texte belle Julie qui te ressemble tellement! J’abonde dans le même sens que France et j’imagine qu’entre criminologues on se comprend! 😉 Tu fais du bien à toutes les personnes qui t’entourent et c’est certain que toutes les personnes que tu as croisées dans ta vie se souviennent de toi, de ta belle énergie contagieuse et de ton beau sourire (à part peut-être quand tu rates un smash 😉). Je t’envoie plein d’étoiles filantes et un gros câlin ma belle amie que j’aime fort xxx
Et je suis dispo pour t’accompagner pour prendre un café ou toute autre substance avec Freud!
Belle amie! Tout toi ce texte. Autant de questions que d’étoiles dans le ciel! Je ne sais pas où vont les songes. Et je ne sais pas si j’impliquerais Freud… 😘 Mais je sais qu’où que tu sois, tu n’es jamais bien loin… pas assez du moins pour que tes sourires ne se rendent pas lorsqu’on se donne la peine de tendre l’oreille.
Je t’aime xx
Le pouvoir des mots…
Chère Julie,
La physique quantique démontre l’existence de canaux de communication invisibles et inconscients entre vivants, dont les humains. Elle ne peut pas encore démontrer le contenu de ces liens invisibles qui nous unissent.
Les songes, les rêves aident à guérir… à résoudre ce qui est suspendu. Que c’est merveilleux que la vie durant un roupillon soit un remède à l’âme!
Que ta plume continue de laisser naître ta prose ❤️.
Des mots qui sont de jolis bouts de vérité, celle de l’âme qui respire l’humanité…
Affectueusement
Lara 🌸
Quelle belle plume, mon amie.
Ton texte incite à la philosophie.
Il suscite l’envie de me joindre à ta discussion avec Freud et à laquelle nous pourrions convier Jung pour discuter d’inconscient collectif (et si nos songes n’étaient que des archétypes issus d’un réservoir collectif de mémoires?), Lavoisier pour réfléchir chimie (et si nos songes étaient soumis à la loi de la conservation des masses? Tu sais, le fameux « rien ne se perd, rien de se crée, tout se transforme »), Lorenz pour discuter chaos illustré par l’effet papillon auquel tu réfères (et si nos songes modélisaient nos expériences quotidiennes au point de les rendre imprévisibles?) et Einstein pour réfléchir physique (et si la vie n’était qu’un songe? Sans illusion obstiné du passé, du présent et du futur?)… Et si ce ne serait pas pas nous qui songe, mais le songe qui nous forme? …
Pour le moment, je crois que les songes ne vont nulle part. Ils ne se perdent ni ne se conservent. Ils sont là, dans l’instant, tout simplement.
Merci pour cette joie partagée de tendre à se transformer de l’intérieur pour vivre le monde pour ce qu’il est : un moment éphémère plus grand que nature partagé avec des êtres extraordinaires, comme toi. Est-ce un songe? Sans doute. Quel bel instant!
C.,😘💕